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Un buis des Corbières

L’histoire de ce bonsaï débute en août 2008 lors du premier stage chez Jean-François Busquet organisé par les modérateur du forum edgbonsai. Pour nous c’était à la fois l’occasion de pouvoir travailler des prélèvements si spécifiques à cette région, mais aussi de nous retrouver entre amis. Nous avions tous un ou deux arbres à travailler durant ce week-end, en immersion totale dans un gîte sur les hauteurs de Tuchan.

Ce buis avait été choisi par Michel Sacal, il en a fait la première mise en forme sous la direction de Jean-François. Un arbre avec ses qualités, mais aussi ses difficultés. Un arbre centenaire qui a vécu en souffrance. Le tronc a une belle conicité, les branches ont du mouvement mais elles sont très cassantes en raison de leur grand âge. Pourtant il va bien falloir les abaisser un peu !

Buis des Corbières avant la première mise en forme

L’arbre a plusieurs faces possibles, à l’arrière il y a une cavité avec un joli bois mort. C’est cependant la face opposée qui sera choisie. D’une part c’est elle qui met le plus en valeur la base évasée. D’autre part la cavité devient un endroit caché, que le spectateur va découvrir par lui même.

La partie supérieure du tronc et les branches principales ont été entourées de bande auto-vulcanisante afin de pouvoir les courber doucement. Des ancrages ont été mis en place tout autour du pot. Généralement il est conseillé d’ancrer les haubans sur l’arbre lui même, pour ne pas forcer sur les racines, ce qui pourrait compromettre la pousse. Or cet arbres est dans son pot de culture depuis quelques années, il est plein de vigueur et ne bouge absolument pas dans son pot.

La première branche a été abaissée tout doucement, en s’y reprenant à plusieurs fois durant le week-end, le temps de laisser les fibres s’étirer et ainsi limiter le risque de casse.

Lorsque l’on travaille un yamadori pour la première fois, la mise en forme a surtout pour but de favoriser le bourgeonnement arrière. Les branches sont ouvertes, les rameaux écartés, il faut pouvoir laisser passer un maximum de lumière et ainsi avoir de nouveaux bourgeons qui naissent à l’intérieur. A ce moment, on ne se préoccupe pas vraiment de créer des plateaux, on met tout à plat. Ce ne sera que lors de la seconde ou troisième mise en forme que l’on créera les différents volumes, avec la nouvelle végétation.

Buis des Corbières après la première mise en forme

Voici l’arbre début septembre 2008, tel que Michel l’avait mis en forme. Malheureusement il nous quittera quelques mois plus tard et n’aura pas l’occasion de voir son évolution. L’arbre est maintenant dans mon jardin et il m’appartient de lui assurer un avenir à la hauteur de ses qualités. Durant une année, je me suis contenté de le laisser pousser et de bien le fertiliser car après le premier travail il s’est retrouvé presque à nu. Il fallait qu’il retrouve d’une part de la vigueur et qu’il fasse de nouvelles pousses.

Chez moi les buis sont à l’ombre une bonne partie de la journée ; ils sont contre un mur exposé Nord et ne voient le soleil qu’un peu le matin. Ces conditions de culture semblent leurs convenir. Il faut éviter au maximum le soleil brûlant de l’été, sinon l’arbre stagne et les feuilles brunissent. Dans les Corbières en été on peut voir de nombreux buis rougissants, ces arbres sont en souffrance et feront à l’avenir de très beaux yamadoris. Mais nous, dans notre jardin, nous voulons des arbres pleins de vigueurs aux feuilles bien vertes.

Durant l’été 2009 j’ai retiré les ligatures qui commençaient à marquer, ainsi que la bande vulcanisante. Je vous avoue que je suis assez sceptique sur l’utilisation de ce produit. Il n’est pas facile de le retirer sans abîmer un peu l’écorce et va laisser des traces de colle pendant des mois. Personnellement je préfère utiliser du raphia qui a de plus l’avantage de se désagréger au fil du temps et donc va s’enlever assez facilement. Les ligatures ont été enlevées mais pas les haubans. J’en ai même profité pour les retendre un peu.

Buis des Corbières deux ans après

Eté 2010, deux ans après les premiers travaux, il est temps de faire un bilan et penser à continuer à faire évoluer cet arbre. Il a bien poussé, en longueur mais aussi à l’intérieur, mais la forme initiale est en partie perdue. Ce n’est pas vraiment un problème, le plus important est que les branches principales elles restent bien en place. Je laisse les haubans en les resserrant un petit peu, même si ce n’est pas très joli, c’est une condition nécessaire pour que les branches ne remontent pas par la suite.

Je me suis posé la question du choix d’une nouvelle face, la pousse généreuse permettant de nouvelles possibilités. Finalement je reste sur la face initiale mais en faisant quelques ajustements sur les branches. Par exemple la première branche et très jolie, elle a un mouvement superbe. Je décide d’en faire une branche visuellement très forte, avec beaucoup de végétation. Je mets en place la ramification secondaire afin d’avoir par la suite plusieurs plateaux. Les rameaux sont bien ouverts afin que la lumière pénètre bien.

Seconde mise en forme buis des Corbières

L’arbre est entièrement ligaturé (ça commence à être long!), la tête commence à s’arrondir, ce qui ne manque pas de donner de la maturité à l’arbre.

Fin de l’hiver 2012, l’arbre a gagné en maturité avec des plateaux plus denses. Les feuilles sont un peu grosses, la taille du pot et la fertilisation généreuse y sont certainement pour quelque chose. Mais il fallait laisser ce buis dans un gros pot afin qu’il puisse pousser généreusement. Au printemps, je décide de le rempoter. Le premier rempotage d’un yamadori qui a été prélevé par quelqu’un d’autre est toujours un peu délicat. En effet, les yamadori sont généralement vendus dans des pots de culture de bonne dimension et nous ne savons pas vraiment comment vont être les racines. Est-ce qu’il y aura un pivot ? Une grande racine tirante qu’il sera difficile de couper ? J’étais tout de même confiant car je sais que Jean-François Busquet vend des yamadori de qualité et il a normalement fait ce qu’il fallait au prélèvement pour ne pas avoir de problème lors du rempotage. De plus le buis racines très bien et il est possible de revenir assez facilement en arrière.

L’arbre a été rempoté dans une poterie qui reste de bonne taille. Car il faut encore qu’il fasse de bonnes pousses afin de densifier les plateaux. D’ici 2 ou 3 ans je le rempoterai certainement dans une poterie plus petite, de meilleure qualité et surtout moins haute.

Cet arbre a été présenté à mon examen de quatrième année avec Jacques Marty. Il a été bien nettoyé, ligaturé, une jolie mousse posée sur le sol. Après 4 années de travaux, ce buis commence tout doucement sa vie de bonsaï. Les plateaux doivent s’affiner, les feuilles se réduire, dans quelques années avant qu’il soit au top niveau.

Présentation du buis en condition d'exposition

Retrouver un autre buis des Corbières, mis en forme par Jean-François Busquet, sur le site de l’UBF.

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