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Travail d’un très vieil olivier

C’est lors de ce dernier stage d’automne chez Jean François Busquet, dans les Corbières, que j’ai acheté cet olivier. Je l’avais réservé depuis le printemps et j’avais hâte de le travailler lors de ce week-end end.

C’est un arbre imposant de par sa taille et son poids. Le diamètre de la base fait plus de 50 cm, pour une hauteur d’environ 80 cm (sans prendre en compte toutes les jeunes pousses du haut). Même à deux, il n’est pas facile de le soulever et le déplacer.

C’est un olivier qui a été prélevé il y a plusieurs années dans la région, on peut supposer qu’il est plusieurs fois centenaire.

Olivier des Corbières avant travaux

L’analyse

Je vous propose dans un premier temps, d’analyser cet arbre, voilà celle que j’en ai faite.

Yamadori d'olivier avec tronc massif

C’est un arbre massif, bien implanté, bien assis qui a une base bien conique, qui se décompose en 2 directions : un petit arbre sur la gauche dont la veine vivante se mélange avec le bois mort, et l’arbre principal, plus gros, qui se dirige a l’opposé.

Le principal travail de cette première mise en forme réside dans le travail du bois mort, et la mise en place des jeunes pousses qui donneront la direction de la future tête et branches.

Travail de la base du yamadori d'olivier

En premier lieu, il est nécessaire de travailler la base (je dis base, car on ne peut pas, avec un tel arbre, appeler ça : un nebari).
Une grosse boursouflure située a droite, gène la lisibilité de la conicité de l’arbre… supprimer cette partie va faire apparaître le mouvement de l’arbre. Cette boursouflure, à l’arrière se termine par une grosse coupe quasiment verticale (faite a la tronçonneuse lors du prélèvement).
Sur la partie gauche, il existe déjà un début de bois mort qu’il faut reprendre pour embellir et lui donner un peu plus de naturel

Gros départ de branche à couper sur souche olivier des Corbieres

Ce gros départ de branche coupe l’espace entre les deux futurs troncs, il gêne la lisibilité de l’arbre, il faut le supprimer. Le départ de cette branche sera traité dans un tout petit jin, et laissera ainsi ouvert l’espace vide. On peut aussi constaté que c’est une branche beaucoup plus jeune, car comparé au reste de l’arbre, son écorce est plus lisse, plus juvénile.

Moignons à travailler en bois mort

D’autres moignons, actuellement en vie sont à travailler, soit en bois mort, soit les affinant tout en conservant la circulation de la sève pour alimenter les poussent qui seront conservées.

Départ de branches sur futur bonsai olivier

L’ensemble des petits bois morts existants sont à reprendre, soit pour les conserver, les réduire ou totalement les supprimer.

Le travail

Comme dis plus haut, le principal travail sur cet arbre est le bois mort. L’élimination de la boursouflure à droite est réalisée « à la main », en premier lieu à la pince (pince ronde de type « à racine » de grande taille), puis lorsque les ampoules sont apparues sur les mains, j’ai plutôt utilisé des ciseaux à bois avec un maillet.

Ce bois mort sera entièrement retravaillé ultérieurement, afin de lui apporté plus de relief, plus de naturel.

Travail bois mort sur yamadori olivier

La face avant met aussi en évidence une « bosse » qu’il faut « raboter » pour améliorer la conicité.

Zones mortes et vivantes sur base olivier yamadori

La partie hachurée en rouge est vivante alors que celle en bleu est morte… il faut supprimer cette bosse en donnant un léger mouvement naturel.
Le travail est fait a la pince dans un premier temps et aux ciseaux a bois ensuite en soulevant des copeaux pour créer un mouvement dans les fibres du bois. La finition est faite a la gouge.
Lorsque le résultat sera satisfaisant, ce bois sera passé au papier de verre pour le rendre lisse.

Travail du bois mort avec gouge

La grosse branche qui coupe en travers le futur espace vide est supprimé a la scie, et le moignon restant est travaillé en jin très court. L’écorçage de ce jin est fait d’une façon a prolonger la ligne plutôt sinueuse de l’arbre.

Nettoyage des petits bois morts

Un gros travail de nettoyage est fait sur tous les petit bois mort. Cela permet aussi de suivre ces veines mortes, et de découvrir de très beaux bois sous une couche d’écorce. On peut apercevoir ces fameux 8 typique des oliviers.

Mise en forme olivier bonsai

Le résultat et la suite

Voila l’arbre à la fin du stage…

Olivier yamadori après mise en forme bonsai

On peut constater que l’ensemble de l’arbre a été énormément allégé, la base a une meilleure conicité et a permis de dégager le mouvement du tronc principal. La vue n’est plus « bouchée » entre le départ du tronc de droite et la base, de la suppression de la branche au milieu ouvre l’espace vide.

Le développement des branches conservées sur le tronc de gauche va créer, une dynamique, puisque la future tête va se mêler avec les bois morts qui ont été sélectionnés et affinés.
La future tête de l’arbre principal revient vers légèrement vers l’intérieur pour respecter le mouvement naturel du départ de la branche sur laquelle elle va être construite.

Les branches mise en place actuellement ont été ligaturées dans ces positions pour uniquement mettre en place la future structure. Il faut maintenant attendre le prochain bourgeonnement pour refaire une sélection et donner les directions définitives des branches et de la tête.

Le travail du bois mort est à reprendre sur certaines parties (notamment a l’arrière), afin de le rendre plus naturel en y créant du mouvement. Il faudra aussi, en lui donnant du relief continuer à le diminuer pour pouvoir de la sorte réduire son épaisseur par rapport à la largeur, et ainsi trouver un futur pot plus petit.

D’ici le printemps, l’hiver aura fait son effet sur les bois morts et du liquide a jin sera appliqué, car cela n’a aucun effet d’en mettre sur du bois vert qui vient d’être mis a nu.

Pour le moment, après avoir rejoint ses compères sur les étagères, il vient de prendre une grosse dose d’engrais afin de préparer l’hiver. Un traitement du feuillage à l’oxyde de cuivre a aussi été appliqué.

Pour vous montrer un peu l’échelle de l’arbre, le voilà dans mon coffre (pas si petit que ça, c’est un break C5)

Olivier bonsai dans coffre voiture

3 réflexions au sujet de « Travail d’un très vieil olivier »

  1. Bruno faure
    Le 13 octobre 2013 à 14 h 55 min

    Félicitation encore un beau et impressionnant sujet.
    Petite question, pourquoi pas d’outils électriques pour dégrossir ta coupe a l’arriere.
    Je pense que tu peux mettre déjà de coté quelque billet pour acheter le futur pot de cette bête. :-) )

  2. laurent
    Le 13 octobre 2013 à 19 h 44 min

    Salut Bruno
    J’aurai pu effectivement travailler avec un outil electrique, et une fraise de type samourai… mais a part une petite Dremel, je n’ai pas ce genre de matériel…
    Il y a aussi que j’ai eu pitié de mes copains qui en aurait pris plein les oreilles !!!!!
    Et dernièrement, le maitre dit, que le bois mort se dégrossi a la main… l’outil electrique est la pour les finitions et les détails !
    C’est sur, que pour trouver un pot pour cet arbre, ca va me couter un bras…
    Mais, maintenant, c’est culture culture pendant quelques années avant de le mettre dans un beau pot (ca me laisse le temps d’economiser)

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