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Les semis

Le semis est considéré comme une technique reine pour le bonsaï car elle permet précisément de contrôler comment sera formé l’arbre, de la base jusqu’aux branches. Mais c’est un travail sur des dizaines d’années, des générations, comme au Japon. C’est ainsi que nous laisserons de beaux bonsaï aux génération futures. Quand nous faisons un semis, nous pensons aux générations futures.

A une époque où tout doit aller vite, très vite, trop vite, le semis est un peu à contre-courant. Pourtant au delà de l’aspect transmission de patrimoine, le semis a un coté ludique et didactique qu’il serait dommage de laisser de coté.

Depuis quatre ans nous nous attachons à faire quelques semis, non pas dans l’optique de faire de beaux bonsaï, mais tout simplement pour apprendre, car faire un bonsaï à partir de semis est très technique, et il y a forcément quelques ratés.

Tout commence par des achats de graines. Il y a plusieurs sites de vente en ligne, tels que Semences du Puy qui proposent un catalogue très complet, avec pas mal d’espèces adaptées au bonsaï. Certaines graines nécessitent une stratification entre 3 et 5°C pendant quelques semaines. Cette stratification remplace l’hiver que les graines auraient subies si elles avaient été laissées au pied de l’arbre.

Nous mélangeons de l’ensemble des graines avec un peu de terre sableuse du jardin, le mélange est mis dans un sac congélation et au frigo pendant 2 a 3 mois. Dans cet exemple, ce sont des graines d’érable trident (Acer Buergerianum). Ce sachet de 10 grammes représente environ 1000 graines avec un taux de germination d’environ 30% .

Préparation de la stratification des graines

En 2009 et 2010 nous avons fait des semis d’érables palmatum, d’érables trident, des ormes de chine et des zelkova. Au printemps après stratification au frigo les graines sont semées dans des caisses en polystyrène. Le substrat utilisé est très léger, un mélange de terre sableuse du jardin avec de la zéolithe . Les caisses sont placées en serre, et pour bien protéger du froid. Pour favoriser la levée, des plaques de verre ou de plexiglas sont placées sur les caisses. Ces plaques sont légèrement surélevées par rapport à la caisse avec une cale en bois afin de laisser une lame d’air, et ainsi éviter les trop grosses montées en température.

Après quelques semaines, les semis commencent à lever. Il faut faire attention que ces tous jeunes plants ne « filent pas » ! Des que les températures nocturnes ne descendent plus en négatif, les bacs sont sortis à l’extérieur.

Levée des semis

Des que les jeunes plants sont assez grands (c’est à dire que l’on peut les manipuler sans les casser, en général fin avril) plusieurs choix sont fait pour ces plantules :

  • la mise en godets individuel pour continuer la culture en pot
  • la plantation en pleine terre , afin de les faire grossir plus rapidement, le but est de former des arbres de bonne taille
  • certains plants restent en caisses

Repiquer les semis bonsaï

Lorsque nous faisons des semis, il ne faut pas hésiter à couper le pivot afin de favoriser la pousse de racines latérales et ainsi construite un racinaire bien plat. Cette opération pet se faire lors du premier repiquage, ou bien après une année de pousse. Sur les feuillus c’est en attendant une année que nous avons constatés le taux de perte le plus faibles. En effet, à vouloir couper le pivot trop tôt nous favorisons dès le début la formation d’un bon nebari mais un nombre substantiel de semis ne supportent pas l’opération et meurent dès les premières chaleurs.

Taille du pivot semis bonsai

Au bout de trois ans en pleine terre, les troncs commencent à prendre de la grosseur. Cette année ils seront rabattus afin de les raccourcis et gagner en conicité (mais ce sera l’objet d’un autre article!)

Semis bonsaï en pleine terre

7 réflexions au sujet de « Les semis »

  1. gillesb2002
    Le 5 mars 2013 à 18 h 56 min

    Sympa comme sujet et ça tombe bien j’ai une dizaine de sachets au frigo.
    Petite question, avez vous déjà essayé de faire une bouture de semis?C’est à dire attendre que le semis est 2 feuilles et à ce moment on coupe les racines au niveau de la limite vert blanc sur le tronc

    1. LAURENT DEITSCH
      Le 6 mars 2013 à 9 h 13 min

      Bonjour Gilles
      Personnellement je n’ai jamais pratiquer cette technique.
      Qu’elles en sont les avantages ? Peux tu nous en dire plus ?
      Merci
      Laurent

  2. gillesb2002
    Le 7 mars 2013 à 22 h 06 min

    Lors d’un cours avec M Ando, ce dernier nous préconisait de faire de cette façon.Il appelle ça bouture de semis.Il parait que ça a l’avantage de supprimer tout de suite le pivot et de repartir sur des racines plus étalées

  3. Fabien
    Le 10 mars 2013 à 14 h 38 min

    Bonjour

    Ce serait préférable de supprimer le pivot la première année non? Bien le travailler (pincement etc..) et ainsi commencer à la formation de l’arbre. On gagnerait du temps en plus. Quand on voit la dernière photo, il semble dommage de devoir le rabattre non??

    Je dis cela par rapport à ce que j’ai appris de Luc et scaloo, après chacun à sa façon et technique de faire.

  4. Fabien
    Le 10 mars 2013 à 14 h 51 min

    Par « dommage de le rabattre » j’entends par là, dommage de ne pas avoir commencer le travail sur la première année. Mais effectivement, là oui, il a besoin d’être rabattu ;)

  5. LAURENT DEITSCH
    Le 10 mars 2013 à 18 h 22 min

    Bonjour Fabien

    La suppression du pivot se fait le plus tôt possible.. la première ou seconde année en fonction de la taille des jeunes plants (certains peuvent rester 2 ans en caisses avant de retrouver un godet ou la pleine terre).
    Le fait de faire de la culture en pleine terre, dans notre cas, est de faire grossir les plants. Sur la dernière photo le diametre des troncs doit faire dans les 3 cm. Nous souhaitons plus gros avec du mouvement, c’est pour cela que les plants sont rabattus très court, en laissant un tire seve (clip and grow). Ces plants bourgeonnent énormément tous les ans, nous aurons le temps de construire les branches ultérieurement.
    Mais comme tu dis, chacun sa technique. Dans notre cas, c’est vraiment dans le but premier de faire de gros troncs.
    Laurent

  6. Fabien
    Le 14 mars 2013 à 17 h 33 min

    Merci pour ta réponse Laurent.

    Avoir différents avis sur le sujet peut être bénéfique. Je suis encore novice dans le bonsai, donc perso je glane de-ci de-là ce qui pourra m’enrichir. Ce blog en fait désormais parti ;)

    Fabien

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