Accueil // Tout en images // Fabrication d’une tablette par Rémi

Fabrication d’une tablette par Rémi

J’ai rendu visite à mon ami Rémi, dans le Tarn, menuisier ébéniste de métier, qui réalise des tablettes pour nos Bonsai.
Par cet article, je voulais vous faire partager, les étapes de fabrication d’une tablette.
Au préalable, mes excuses par rapport aux personnes du métier, car les mots que je vais employer ne doivent pas être les bons termes dans le vocabulaire technique en menuiserie.
Je découvre un vieil atelier en pierre et bois (une magnifique charpente d’époque composée de tronc d’arbre entier), où l’odeur du bois vous imprègne. On a l’impression de faire un bon d’un siècle en arrière… on cherche des yeux de vieux outils, scie à main, rabot en bois, des gouges … mais dans cette ambiance chaleureuse d’un autre temps, on y trouve des machines de pointe (scie a plateau, scie à ruban, rabot-dégauchisseuse, toupie, …).

Photo 1

La réalisation de tablette est une des cordes à l’arc de Rémi et c’est ce sujet que je vais essayer de partager avec vous. J’ai constaté que les étapes de fabrication ont un ordre bien précis, et rien n’est laissé au hasard, tout est calculé pour que les plans soient respectés en dimensions, esthétique et en qualité d’assemblage et de finition.
En tout premier lieu, c’est le plateau qui est « approximativement » découpé (plus grand que les cotes définitives), puis assemblé et collé. C’est la base sur laquelle il va s’appuyer pour fabriquer les autres éléments.

Photo 2

Chaque menuisier a sans doute ses propres méthodes, mais ici toutes les coupes sont faites en 2 fois, comme par exemple, les coupes d’angle, car lors de la première coupe, le bois sur la machine a tendance à reculer, du fait que la lame « tape » dans l’ensemble de la masse du morceaux de bois. La seconde passe vient juste « lécher » la première coupe et parfaire l’angle.
Les pièces sont réalisées dans un ordre précis, par rapport aux outils en place sur les machines afin de ne pas démonter et remonter plusieurs fois les accessoires et donc éviter au possible toute perte de temps (type de fer sur la toupie, réglage de la lame de la scie à plateau, …)
Avant de terminer le plateau et déterminer les dimensions de la partie mâle, les éléments formant le cadre sont réalisés, avec les rainures (partie femelle) destinées à recevoir le plateau. A noter aussi, une petite rainure d’angle destinée à surligner la séparation entre le cadre et le plateau. Ces deux étapes sont réalisées à la toupie.

Photo 3

Ensuite, on rentre dans le détail et notamment celui des mesures, il faudra que cela s’emboîte parfaitement. Les 4 parties du cadre sont coupées à 45° pour un assemblage à angle droit.

Photo 4

En fait, le plateau s’insère dans les feuillures des tasseaux formant un cadre, sans être collé. Cela permet que le plateau en lui-même puisse bouger à l’intérieur du cadre sans lui appliquer de contrainte, donc pas de déformation, pas de risque que le bois se fende, et donc pas de « jour » qui pourrait apparaître entre le cadre et le plateau. Afin que ce dernier ne « flotte » de trop, seulement quelques points de silicone font la liaison entre les 2 pièces (cadre et plateau).

Photo 5

Les tablettes sont faites avec de vrais assemblages classiques en menuiserie tels que tenon et mortaise. Rémi n’utilise que très rarement d’autres techniques plus modernes comme l’utilisation de tourillons.
Voilà, les morceaux de bois qui vont liaisonner les pieds de la tablette entre eux, avec de tout petits tenons (de l’ordre de 5mm de coté). A manipuler avec précaution lors de l’assemblage sous peine de casse.

photo 6

Pour certains modèles de tablettes, comme celles ci dessous, pour des pieds avec des courbes, les pieds sont réalisés directement à la défonceuse à l’aide de gabarits. Cela permet d’avoir tous les pièces de la même taille. Pour les plateaux ronds, la procédure est la même que celle des pieds.

Photo 13
Photo 14

Pour en revenir à la fabrication de notre tablette, on peut voir sur la photo suivante, un pied qui a été réduit en épaisseur sur 2 faces, à la scie a ruban, pour avoir une surépaisseur au niveau du pied pour lui dessiner ensuite, à la défonceuse, un motif (voir dans les photos suivantes). A comparer avec l’autre pièce juste a coté, qui n’a pas encore été travaillée.

Photo 7
Photo 8

Le plateau est assemblé et collé et c’est une fois sec, qu’il est repris à la toupie pour réaliser la moulure désirée (type de fer utilisé). De l’autre coté, un préassemblage des pieds, en attente du plateau.

Photo 9

Les deux parties de la tablette étant prêtes, l’assemblage est fait et mis sous serre joint le temps de séchage de la colle. Les “dessins” dans les pieds sont faits à la défonceuse, tout comme le « moulurage » des différents éléments (sauf le plateau qui est fait avant à la toupie).
photo 10

Ces moulures ne sont pas réalisées avant, car il y aurait plus de risques de mauvaises finitions à l’assemblage, qu’il faudrait reprendre en trichant, au ponçage. Mais tout n’étant pas possible à l’aide de la machine, les dernières retouches sont faites à la main à l’aide de gouges ou de ciseaux à bois (variable en fonction du modèle).

A ce stade, il reste un gros travail de finition avec de longs moments de ponçage (à la main, car ce sont des éléments fins et petits qui ne peuvent être travaillés à la machine).
Il ne reste plus qu’à teinter la tablette suivant les désirs du client et de parfaire la finition avec une bonne couche de vernis.

Photo 15

Ci-dessous, quelques modèles qu’il a fabriqué, sur commande ou non, qui seront amenés à la prochaine exposition de Saulieu. A ce stade, les tablettes nécessitent encore quelques heures de ponçage, la réalisation de la teinte et du vernis.

Photo 11
Photo 12

Plusieurs essences de bois peuvent être utilisées, comme par exemple les 3 tablettes de la photos ci dessus qui sont réalisées en noyer. De même, les dimensions et formes sont entièrement adaptables en fonction de l’arbre à exposer.
Petite précision par rapport aux photos de cet article. Pour les besoin des photos, vous avez pu constater que les sécurités des machines ne sont pas en place… C’était juste pour les prises de vue.
Je remercie Rémi pour son accueil et m’avoir expliqué dans le détail la fabrication d’une tablette, en me livrant tous ses secrets (ou presque) de professionnel.

Ci-dessous l’adresse de son site internet, par lequel vous pouvez le contacter.

Rémi Guillot

http://www.atelierconceptionbois.fr/

6 réflexions au sujet de « Fabrication d’une tablette par Rémi »

  1. guilard
    Le 16 octobre 2014 à 19 h 58 min

    merci pour se partage
    se son de très belles tablettes

  2. guillot
    Le 16 octobre 2014 à 21 h 54 min

    Super article merci pour ce travail de retransmission!

    1. Artau
      Le 27 octobre 2014 à 19 h 39 min

      Merci pour le partage.
      Pour la finition des tablettes vous utilisez quoi un vernis mais le quel et par quel moyen .
      cordialement

      1. guillot
        Le 28 octobre 2014 à 7 h 15 min

        Plusieurs solutions suivant le support, en général on passe une teinte à sec( passer au pistolet avec beaucoup d’air) et un vernis PU qui permet une bonne tenu dans le temps.
        on peut aussi utiliser un cellulosique mais il y a plus de contrainte pour l’utilisation par la suite

  3. julien12000
    Le 20 novembre 2014 à 1 h 57 min

    cela me donne l’envie de ressortir mes outils

    1. tremor coins cheat engine
      Le 8 mai 2017 à 16 h 35 min

      Other people have to use the library too, Ron.Increasing hours is one of the few things in municipal government that gives you a guaranteed return on investment. More hours ALWAYS equates elevated use with the public library, and thus increased utility.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>