Accueil // Mochikomi // Amélioration d’un buis sumo

Amélioration d’un buis sumo

Le style sumo fait référence à un bonsaï au tronc très massif et conique ; généralement la largeur du tronc est égal à sa hauteur. De tels arbres évoque force et puissance, et ce sont en quelque sorte des caricatures d’arbres. Ils ne sont pas sans nous rappeler les histoires de mondes merveilleux.

Ce buis appartenait à François Gau, et je l’ai récupéré lors de la convention des Esprits de Goshin à Castres en 2010. Comme avec chaque nouvel arrivant dans ma collection, je me suis contenté de le laisser tranquille et apprendre à le connaitre. Arrosage, fertilisation et taille des pousses trop longues ont été les seuls travaux pendant presque deux ans

Buis bonsaï avant le travail de remise en forme

S’il y a un temps pour la réflexion, il y a aussi un temps pour l’action. Un bonsaï peut, comme le bon vin, se bonifier avec le temps, mais il se bonifie surtout par les travaux du propriétaire. Ce buis a des qualités certaines mais il y a quelques améliorations et travaux qui m’ont bien occupés durant un week-end de janvier.

Tout d’abord sur le bois mort, certaines coupes droites ne font pas très naturelles, il est possible de les améliorer. Ensuite la pousse a été généreuse et l’arbre semble un peu hirsute, et la tête n’est plus très arrondie. Il est temps de se mettre au travail.

Les grosses coupes avant le travail à la dremel

Le bois mort est travaillé à la dremel, en creusant des sillons qui semblent naturels. Il faut que ça ondule, qu’il y ait des profondeurs différentes. Que c’est difficile d’imiter la nature ! Je creuse de petits trous dans le bois et fait passer des sillons autour, un peu comme si à cet endroit il y avait eu une branche.

Plus haut sur le tronc, un jin me parait un peu lisse, je donne un peu plus de profondeur en créant deux trous. Sur le coté, des restes de branches peuvent aussi être retravaillés. Pour l’instant ces travaux semblent très artificiels, mais le temps devrait faire son effet. C’est pour cela que je ne passe pas de liquide à jin, nous referons le point l’année prochaine !

Le bois mort de ce bonsaï est retravaillé à la dremel

Le travail du bois mort n’est pas quelque chose d’habituel pour moi, c’est un ensemble de techniques de sculpture assez spécifiques, notamment car nous n’avons pas le droit à l’erreur. Un bois mort raté le restera éternellement. Il y a un an j’ai fait un atelier chez François Gau avec quelques amis ; il nous a montré « par le geste » quelques travaux de bois mort sur des buis. J’ai essayé d’appliquer ce qu’il nous a appris, même si je suis bien conscient d’avoir beaucoup à apprendre dans ce domaine.

Après le travail sur les grosses coupes, place à la ligature. Il est temps de remettre un peu d’ordre dans la végétation, éviter l’effet « grosse boule » en créant des plateaux. Dès qu’un buis commence à avoir un peu de maturité, un peu de ramification, la ligature peut devenir très chronophage.

Le bonsaï après l'affinement du bois mort et ligature des rameaux

Voici le buis sumo après les travaux du week-end. La végétation est mis en forme, la tête plus ronde. Pour l’instant ce bonsaï est un peu trop statique, c’est à dire que la végétation est à peu près aussi importante à gauche et à droite de l’arbre. Or le bonsaï a un mouvement vers la gauche, et afin de bien marquer ce mouvement il faudrait que la végétation à gauche soit plus longue que la végétation à droite. Or à ce jour la végétation à droite est en bout de branche, impossible de couper plus court. Mais comme les branches ont été mises à plat et ouvertes, il devrait y avoir un bourgeonnement arrière qui permettra de pouvoir tailler plus court. Avant le printemps je prévois aussi un rempotage, car le pot actuel est trop massif, visuellement trop lourd. Mais tout cela fera l’objet de nouveaux articles !

5 réflexions au sujet de « Amélioration d’un buis sumo »

  1. marty
    Le 19 février 2013 à 21 h 03 min

    Juste une petite remarque sur le « style Sumo », je crois bien que cette appellation est « bordelaise!!! ».
    Ce style existe au Japon et son nom est: Bankan , hauteur du tronc = largeur du nebari

  2. Christophe Durandeau
    Le 19 février 2013 à 21 h 20 min

    Bonsoir Jacques,
    C’est pourtant un terme que l’on retrouve régulièrement, et pas forcément à Bordeaux !
    Même s’il n’est pas très académique, ce terme à au moins l’avantage d’être explicite, non ?

  3. francois81
    Le 3 mars 2013 à 9 h 11 min

    C’est avec grand plaisir que je revoie cet arbre donc j’avais tracé les premières lignes.
    Comme le bon vin il s’améliore d’années en années, le travail effectué dessus est excellent, notamment le bois mort.
    La restructuration par la ligature va être maintes fois refaite avant d’arriver à ne le travailler que par la taille, mais il est sur la bonne voie, car tu as la vision de cet arbre pour son futur.
    Tu as réussi approprier l’arbre, alors va y travaille le avec ton cœur

  4. Christophe Durandeau
    Le 3 mars 2013 à 18 h 59 min

    Merci François, ton commentaire me voit droit au coeur. Je ne manquerai pas de montrer les évolutions de ce petit buis dans les mois qui viennent.

  5. Ping : Rempotage du buis sumo | Bonsai365

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>